
Le trait du Nord, autrefois nommé Ardennais du Nord et Ardennais de type Nord, est une race de grand cheval de trait français à sang froid originaire de la région du Hainaut et sélectionnée spécifiquement pour les travaux agricoles. Longtemps confondu avec le cheval ardennais, le trait du Nord fut dissocié de ce dernier quand son propre stud book fut ouvert en 1903. Il a également participé à l'exploitation des mines dans sa région d'origine et travaillait au fond des galeries avant que l'électrification et la motorisation de l'agriculture n'entrainent sa quasi-disparition, faute de demandes pour les éleveurs. C'est, paradoxalement, l'hippophagie qui permit la sauvegarde de ce cheval tout comme celle des huit autres races de trait français avant le renouveau de l'attelage de loisir et de travail. Aujourd'hui, des associations organisent sa reconversion dans l'équitation de travail, comme le débardage, et dans les loisirs équestres, comme l'attelage. Les nouvelles naissances chez la race sont néanmoins en diminution constante depuis de nombreuses années et ce cheval emblématique de la région du Nord-Pas-de-Calais possède l'un des plus faibles effectifs parmi les neuf races de chevaux de trait français.

L'ardennais est une très ancienne race de cheval de trait principalement élevée dans la région des Ardennes qui lui a donné son nom, et par extension dans tout le quart nord-est de la France, mais aussi en Belgique, au Luxembourg et en Suède. Connu depuis l'antiquité romaine où il servait à la remonte des armées, il était réputé au début du XIXe comme cheval de selle et de trait léger qui survécut à la campagne de Russie, puis devint l'une des races favorites pour la traction du matériel d'artillerie militaire. De nombreux croisements et une sélection rigoureuse des éleveurs en firent le cheval de trait lourd et puissant que nous connaissons aujourd'hui, il fut un grand améliorateur de races durant l'âge d'or du cheval de trait, qui lui valut d'être exporté jusqu'en Suède. À l'instar des autres races de chevaux de trait, la fin de la traction hippomobile a entrainé le déclin de son élevage. Cantonné au rôle presque unique d'animal de boucherie durant environ deux décennies, l'ardennais bénéficie aujourd'hui d'un nouvel engouement dû au côté écologique de son utilisation pour l'entretien des espaces verts et le débardage en forêt, mais aussi à son habileté sur toutes sortes de terrains. En France, il est actuellement la quatrième race de cheval de trait la plus représentée en matière d'effectifs.